JK Pierre-Fanfan : “une très grosse envie de jouer”.
juin 6, 2007
Tout juste revenu d’un voyage aux Etats-Unis où il a assisté à la remise du diplôme de business management de son frère, JK.Pierre Fanfan a accepté, avec sa gentillesse légendaire, de nous évoquer sa situation, ses dernières expériences footbalistiques notamment écossaises et ses projets.
Antilles-Foot : José comment ça va ? on pensait te voir revenir au mercato.
JK Pierre-Fanfan: Effectivement, j’envisageais ce retour, mais la vie est ainsi faite à savoir que l’on ne maitrise pas tout les paramètres et parfois il est des choix qui s’imposent.
AF :Sans être trop indiscret, est ce un manque de propositions ?
JK : Pas du tout ,j’ai une famille à charge et il est primordial qu’elle soit bien.
J’ai la passion du foot, j’ai eu pas mal de propositions surtout de l’étranger: Vitesse Arnheim (Première division des Pays-Bas), Reading (Deuxième division anglaise), le Gimanstic de Tarragone (première division espagnole), mais ma priorité c’était la France et de ce côté les choses ont trainé avec Rennes, Lens attendait une réponse de Nicolas Gilet qui a finalement signé. Antoine Kombouaré me voulait et ne pouvais pas trop attendre du coup il a pris Ouaddou.
Finalement, j’ai profité de cette période de transition pour me consacrer entièrement à ma famille qui en avait besoin.
AF :Et physiquement tu en es où ?
JK : De ce côté pas de problème, Cyril Moine le préparateur physique du PSG m’avait concocté un programme spécifique et puis j’ai suivi une préparation au camp 8.
AF (intrigué) :Le camp 8, qu’est-ce ?
C’est une nouvelle structure créée à Monaco, avec des médecins, préparateurs physiques, avec en plus les terrains de la Turbie (centre d’entrainement de l’As Monaco ndlr) à notre disposition. Bref, tout ce dont on a besoin un professionnel pour avoir une bonne condition et éviter les blessures, même si bien sûr rien ne remplace la compétition.
AF : Pour reparler de compétition justement, que retiens tu de ton expérience écossaise aux Glasgow Rangers ?
JK : Du positif sur le plan sportif car au départ ce n’était pas gagné d’avance malgrés mon bagage. Certe je ne partais pas dans l’inconnu mais tout de même, c’est un nouvel environnement, une nouvelle culture, la langue, car bien que je me débrouille pas mal en anglais, c’est quand même différent avec celui pratiqué ici, moins scolaire.
J’ai fini par m’intégrer malgré le fait de n’avoir pas toujours été utilisé à mon vrai poste. C’était plus difficile pour ma femme et mes enfants car n’ayant pas pu trouver une école française , ils étaient obligés de faire le va et vient , c’était fatiguant nerveusement.
AF :Ta réputation , ton sérieux ont fait de toi un défenseur redouté dans notre championnat, tu ne devrais pas avoir trop de mal à intéresser un club ambitieux ?
JK : Le problème en France est plus compliqué car on considère qu’à 31 ans on est vieux. D’ailleurs quand je discute avec mes amis étrangers ils en rigolent. Prenez Maldini (38 ans), Costacurta (41 ans), Cafu (36 ans) ils viennent de gagner la Ligue des champions, la coupe la plus prestigieuse, la plus convoitée.
Chez nous un joueur comme Jocelyn Angloma, dont on connaît le parcours dans les plus grands clubs européens, va disputer à 41 ans la Gold Cup aux USA. Il n’aurait pas pu évoluer ici sans que l’on fasse allusion à son âge. Il est temps que les mentalités évoluent et que l’on tienne compte du potentiel de chacun sans a priori..
AF :Quel type de challenge t’intéresse particulièrement?
JK :L’ambiance des vestiaires, me manque, j’ai une très grosse envie de jouer. De préférence en France, je pense pouvoir apporter mon expérience et mes qualités à un club ambitieux, ça peut aussi être une équipe qui vient d’accéder en L1 à se maintenir dans la durée, ou un club d L2 qui joue la monté, c’est préférable que de jouer dans une équipe de L1 sans ambition.
AF :Que penses tu des jeunes footballeurs antillais, ton regard sur le championnat d’outre-mer ?
JK :Je suis vraiment content quand je vois les jeunes compatriotes briller, j’ai envie encore plus de les aider. D’ailleurs j’ai été sollicité par le président de la ligue antilles pour participer avec la Martinique à la Gold Cup, et ce fut pour moi une déception de ne pouvoir répondre favorablement et de n’avoir pu les aider pour des raisons personnelles.
AF: Tu as des projets tournés vers les Antilles en matière de football ?
JK: Je compte monter une structure avec Charles Edouard Corridon pour prendre en charge les jeunes désireux de faire carrière, les guider les mettre en relation avec des clubs pros en métropole. Je sais que ce n’est pas évident pour eux , à la base rien que le prix du billet d’avion et l’hébergement découragent pas mal d’entre eux pour des raisons économiques que l’on peut comprendre. Nous voulons les encadrer du début jusqu’à ce qu’ils trouvent un club ou centre de formation pour les accueillir.
AF :Jose, merci d’avoir répondu à nos questions, pour terminer que peut t’on te souhaiter ?
JK : De retrouver les vestiaires au plus vite, cela me manque énormément !
Interview réalisée par JF.
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