Gaël Germany : “je suis impatient de jouer en ligue 2″.

Date août 5, 2009

gael_germany.jpgIl est l’une des figures emblématiques de la samaritaine et porte les couleurs de la sélection martiniquaise.
Gaël Germany a tenté le grand saut vers le championnat métropolitain avec succès puisqu’il s’est imposé comme l’une des pièces maîtresses de l’AC Arles, nouveau promu en Ligue 2.

Malheureusement blessé au printemps dernier, il attend de récupérer la totalité de ses moyens pour découvrir la Ligue 2 avec son club.

Antilles foot est allé à la rencontre de l’un des rares joueurs qui soit parvenu à s’imposer en métropole en arrivant directement d’un club de DH antillaise. Il nous livre ses sentiments sur ce parcours remarquable. Une interview vérité d’un joueur dont l’ascension en métropole ne fait que débuter.

Antilles foot : Bonjour Gaël, tout d’abord, pouvez vous nous donner des nouvelles de votre santé.

Gaël Germany : J’ai été opéré il y a trois mois désormais, et ça va. J’ai passé trois semaines de rééducation à Capbreton et les choses évoluent de façon satisfaisante. Je devrais reprendre la compétition pour la fin de l’automne.

AF: Pouvez vous nous parler de votre parcours footbalistique ?

J’ai commencé à jouer au football à la samaritaine en Martinique où j’ai fait toutes mes classes de footballeur. Quand j’avais 18-20 ans, j’ai fait des essais dans des clubs pros métropolitains mais qui n’avaient pas été jugés concluants. En conséquence, j’avais fait une croix sur le foot professionnel et j’avais continué mes études et obtenu un BTS de commerce international. Ensuite, j’ai commencé à travailler pour la commune de Sainte Marie et je jouais à la samaritaine en DH martiniquaise.

AF: Qu’est ce qui a fait basculer votre destin de footballeur ?

C’est la Coupe de France. En 2007, nous nous sommes qualifiés pour affronter les équipes de la métropole et avons battu les Sables d’Olonne 1 à 0 à la Courneuve en région parisienne.
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L’équipe de la samaritaine lors du match contre les Sables d’Olonne en Coupe de France.

Suite à cette victoire, nous avons reçu Arles qui évoluait en national à Dillon et on perd 2 à 1, mais je fais un super match.

Suite à cette performance, le coach d’Arles, me demande si je veux terminer la saison avec eux. J’ai accepté. Je suis parti là-bas et en 6 mois, je joue 16 matchs dont 8 comme titulaire. En fin de saison le club souhaite me conserver et je resigne pour Arles, toujours sur un contrat amateur. En décembre dernier, le club au vu de mes performances, me fait signer un contrat fédéral de deux ans. Malheureusement, en mars 2009, je me blesse en fin de match à Rodez mais comme le club monte en ligue 2 à l’issue de la saison. Suite à l’accord que j’avais eu avec eu à la signature de mon contrat fédéral, celui-ci  est transformé en contrat pro.

AF : Vous qui avez connu le meilleur niveau martiniquais et désormais le niveau professionnel en France, qu’elles sont les principales différences ?

GG: Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’impact physique en championnat de National est beaucoup plus dur qu’en Martinique. Le rythme est beaucoup plus élevé, de même que l’intensité aux entrainements.
En Martinique, il y a de bons joueurs, mais sur l’effectif d’un club tout de monde n’est pas au même niveau, c’est un peu disparate. Ici, au contraire, la sélection a été faite et tous les joueurs sont au même niveau ce qui donne une très grande intensité aux entraînements et une meilleure qualité, ce qui permet de progresser. A mon sens la principale différence se situe là.

AF: vous jouez à quel poste et pouvez vous nous parler de vos principales qualités dans le jeu ?

GG: En fait je suis très polyvalent. Je sui gaucher et si à l’origine je suis un milieu offensif, je suis capable d’occuper les postes en attaque, au milieu et comme latéral. Je suis très à l’aise techniquement ce qui me permet cette polyvalence. Elle est très appréciée par le coach qui ne s’est pas privé de me faire jouer à pleins de postes différents pour les besoins du collectif.

AF: Dans quel état d’esprit êtes vous avant de découvrir la ligue 2 avec votre club Arles ?

GG: En fait, à cause de ma blessure pour l’instant, c’est un peu spécial. Mentalement, j’ai encore un peu de mal à me projeter, même si je suis allé soutenir mes partenaires lors des matchs amicaux ou des entraînements. En fait, Il me tarde de retrouver toutes mes qualités physiques pour découvrir le niveau, car je suis impatient de jouer en ligue 2.

AF : Comme vous le savez la sélection de Guadeloupe a récemment joué la Gold Cup, je crois que vous avez connu cette compétition avec la Martinique.

GG: Effectivement, comme je fais partie de la sélection de Martinique, j’ai d’abord participé aux tours préliminaires de qualification en Gold cup notamment contre Cuba, Trinidad.
En fait, ce qui était spécial, c’est comme nous étions la seule équipe d’une entité non indépendante, nous étions, comment dire, un peu jalousés par les autres, et pas toujours bien accueillis.
En dépit de ce contexte pas facile, j’ai fait partie de l’équipe qui s’est qualifiée pour la Gold Cup en 2003. Une fois qualifié, le contexte était plus neutre, car la phase finale se passait sous l’oeil de la FIFA. Cela reste un très grand souvenir. Nous avons rencontré les Etats-Unis à Boston dans un stade immense, le Gilette stadium, puis on perd le second match de justesse 1 à 0 contre le Honduras. On est alors éliminé, mais jouer une compétition comme cela pour son ile reste un très grand souvenir.

AF: Et comment jugez vous les dernières performances des Gwadas boys ?

GG: Ce qu’ils ont fait est exceptionnel, même s’ils ont été éliminés en quart, réussir à se qualifier et à passer à nouveau le premier tour, c’est très fort d’autant plus que cette équipe était composée à plus de 50% de joueurs issus du championnat guadeloupéen.

AF: Justement, qu’est qu’il manque à la Martinique pour être aussi compétitive que la Guadeloupe à ce niveau ?

GG: Pour moi le premier éléments, c’est qu’en Guadeloupe ils libèrent pas mal de joueur, alors qu’en Martinique on a du mal. Je ne sais pas comment ils font. Mais à ce niveau, c’est très dur car les clubs n’ont aucune obligation. Je sais qu’à l’époque il y avait Eric Sabin, mais qui était entraîneur joueur à Nîmes ce qui facilitait les choses.
L’autre problème pour les joueurs qui évoluent aux Antilles est que comme ils ne sont pas pro, les employeurs ne veulent pas non plus libérer les joueurs. Enfin, il y a peu être une question de niveau du moment. Pour moi, c’est un ensemble de petits détails qui sont à régler avec un gros point noir, la question de la possibilité de pouvoir libérer les joueurs.

AF: A propos du championnat antillais, vous suivez toujours les résultats ?

GG : Bien sûr, la samaritaine, c’est mon club et ma ville, mon père m’appelle tous les week-end pour me donner les résultats ou on communique par MSN. La samaritaine, c’est un club vraiment spécial pour moi, il y a une ferveur autour de ce club incomparable. Mes coéquipier d’Arles me parlent encore de ce match disputé à Dillon devant 18 000 personnes pour me dire qu’ils n’avaient jamais vu une telle ambiance.

AF: Justement qu’aimeriez vous dire aux joueurs antillais qui rêvent de découvrir comme vous le grand bain professionnel.

GG: Qu’il faut être très motivé, et ne pas croire que ce que l’on demande en Martinique, niveau football, est suffisant. Ne pas penser que parce que l’on est bon en Martinique, l’on va facilement s’imposer ici. Ici, les entraînements sont super intenses et il faut tout donner aux entrainements pour gagner sa place pour le match face à des joueurs qui sont très bons. Moi, j’ai vraiment eu la chance qu’Eric Sabin facilite mon intégration, mais il faut beaucoup, beaucoup de travail et du temps pour continuer à progresser et aller plus haut.

Un grand merci à gaël Germany d’avoir longuement répondu à nos questions. Nous vous tiendrons bien entendu informés de son bon rétablissement et de ses performances en Ligue 2.

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